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Conseiller en Sécurité / Sûreté et Intelligence Économique (IE). Auditeur de la 13è session nationale spécialisée de l'INHESJ (Institut National des Hautes Études de la Sécurité et de la Justice), membre du CEDN (Comité d’Études de Défense Nationale) et membre associé de l'IHEDN (Institut des Hautes Études de Défense Nationale) / Région Lyonnaise.

jeudi 14 juin 2012

Plainte du père de Mohamed Merah: un fort soupçon de manipulation

Plainte du père de Mohamed Merah: un fort soupçon de manipulation
MERAH - l'avocate de son père assure qu'il a été piégé par les services secrets. Elle assure détenir des vidéos prouvant ses propos mais ne les a toujours pas montré à la justice.
afp.com

L'avocate du père de Mohamed Merah a porté plainte lundi pour meurtre et a promis de verser deux vidéos au dossier prouvant que le tueur au scooter a été assassiné alors qu'il collaborait avec les services secrets. La justice ne les a toujours pas reçues. Eric Pelletier et Jean-Marie Pontaut, journalistes à L'Express et auteurs d'un livre sur l'affaire Merah (1), expliquent pourquoi ces "révélations" apparaissent peu crédibles. 

Le journalisme consiste parfois à rappeler des faits. En mars dernier, Mohamed Merah a tué 7 personnes, parfois achevées à terre, et en a blessé deux autres grièvement. De jeunes hommes parce qu'ils étaient militaires; de très jeunes enfants et un adolescent, car ils étaient juifs. Il a filmé et revendiqué ses crimes au nom "d'Al-Qaeda".  
Les policiers l'ont cerné dans son appartement. Il a tiré le premier, pour tuer, blessant par balles quatre fonctionnaires du Raid. Au terme d'un siège de trente-deux heures, il a été neutralisé. 
Près de trois mois plus tard, le père de l'assassin dépose plainte contre la police pour "meurtre". Il en a parfaitement le droit: la morale et la justice relèvent de deux univers distincts et doivent le rester. Mais le journalisme consiste aussi à rappeler le contexte et le profil des protagonistes. Le plaignant est décrit comme un mari violent par son ex femme, rentré en Algérie pour monter sa société, en laissant derrière lui ses cinq enfants, dont Mohamed. Il a, par ailleurs, été condamné pour trafic de drogue en France. 
Selon Echourouk, Merah se pose en victime innocente
A Paris, sa plainte est relayée par Me Isabelle Coutant-Peyre, avocate et épouse à la ville du terroriste Carlos, en guerre avec l'institution judiciaire. A l'appui de cette procédure, l'avocate algérienne du père de Mohamed Merah, Me Zahia Mokhtari, affirme détenir des enregistrements, audio ou vidéo (ce point demeure obscur), réalisés par Merah pendant le siège. Ils auraient été captées à partir d'un "iPhone" ou d'un "smartphone", selon Me Coutant-Peyre. 
Un journal algérien, Echourouk, vient d'en publier la retranscription. Que dirait Merah sur ces "bandes"? Selon le journal, le jeune homme se pose en victime innocente. Les services français chercheraient à l'abattre après l'avoir piégé. Il aurait en effet été envoyé, à son insu, sur la route du djihad par un officier du renseignement français. Cette information a été largement relayée par les médias à travers le monde, avec plus ou moins de prudence. 
Echourouk n'a jamais entendu les bandes
A l'heure où nous écrivons ces lignes, le parquet de Paris attend toujours cette pièce malgré des demandes insistantes. Quant à l'avocate algérienne, présente lundi au palais de justice de Paris, elle est aux abonnés absents. Me Mokhtari a indiqué à l'AFP être rentrée en Algérie pour "reprendre ses activités". Elle promet toujours de transmettre les enregistrements.  
Que reste-il ce matin de l'énorme polémique de la veille? Pas grand chose sinon un fort soupçon de manipulation.  
Le journal algérien qui a publié l'information admet n'avoir jamais entendu la conversation mais seulement recopié la retranscription qui lui a été fournie. Aucun téléphone portable n'a été retrouvé dans l'appartement de Merah après l'assaut. Comment a-t-il donc fait pour appeler son correspondant ?Merah est censé s'adresser à l'un des " officiers traitants " situé dans un appartement voisin, là où se tient le négociateur. Ce dialogue aurait donc dû être capté par le Raid. Mais, selon plusieurs sources recoupées par L'Express, jamais de tels propos n'ont été enregistrés.Dans la transcription faite de sa conversation par Echourouk, Merah affirme avoir été instrumentalisé. Or, dans son échange avec le Raid _ point dont nous pouvons attester _ il dit très exactement l'inverse. Il se félicite d'avoir trompé les services français: "T'as rien vu venir hein? T'as vraiment pensé que j'allais faire du tourisme au Pakistan?" Toujours selon cette même retranscription publiée par Echourouk, Merah aurait indiqué que la police était sur le point de supprimer un innocent. Or il a non seulement réalisé un film de ses crimes, envoyé à la chaîne Al Jazeera, mais lors d'un dialogue avec une rédactrice en chef de France 24, il les a largement détaillés.